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La fin du bouclier tarifaire sur l’électricité dès le 01 février 2025

C’est maintenant la fin du bouclier tarifaire sur l’électricité. À partir du 1er février 2025, les ménages en France devront composer avec une nouvelle approche énergétique. La Commission de Régulation de l'Énergie (CRE) a officialisé la fin de ce mécanisme de sauvegarde, ce qui se traduira par une augmentation notable des coûts de l'électricité pour les usagers. Cette hausse des prix, principalement liée à la remise en place de la taxe sur l’électricité (ex-CSPE/TICFE) à son taux habituel, aura des répercussions diverses en fonction des modalités des contrats signés par les consommateurs. La suppression de ce dispositif constitue une étape déterminante dans l’évolution de la politique énergétique de la France, incitant les foyers à s’ajuster à un environnement tarifaire transformé et plus exigeant. Le nouveau tarifs de rachat a fortement baissé de 0.13€ il passe à 0.04€.

 

Quel était l’objectif du bouclier tarifaire sur l’électricité ?

L’année 2021 représente un jalon décisif pour la politique énergétique de la France. Suite aux multiples périodes de confinement, l’activité économique repart de plus belle, générant une pression considérable sur le domaine énergétique. Parallèlement, le parc nucléaire français fonctionne à un rythme réduit. Plusieurs centrales, négligées en matière d’entretien durant la crise sanitaire, se retrouvent contraintes de cesser leurs activités temporairement ou définitivement.

Dans ce contexte difficile, la France doit recourir à l’importation d’électricité, acquise sur le marché de gros européen. Ce secteur, déjà fragilisé par une pénurie d’approvisionnement, fait face à une envolée spectaculaire des coûts : selon Selectra, les prix bondissent de 239 % par rapport à 2020, un phénomène directement imputable aux dynamiques de l’offre et de la demande sur le marché.

L’éclatement du conflit entre la Russie et l’Ukraine aggrave encore la situation, accentuant les tensions sur les ressources énergétiques. Afin d’atténuer les répercussions de ces hausses tarifaires sur le pouvoir d’achat des citoyens, le gouvernement français instaure un bouclier tarifaire sur l’électricité destiné aux ménages. Ce mécanisme mis en place par l’État a pour objectifs principaux de :

  • préserver les consommateurs contre une escalation excessive des coûts de l’énergie ;
  • leur octroyer une réduction calculée en fonction des tarifs réglementés de vente de l’électricité, garantissant ainsi une certaine stabilité financière face à la volatilité des prix.

 

A quoi s’attendre à la fin du bouclier tarifaire sur l’électricité en février 2025

Suite à la fin du bouclier tarifaire sur le gaz en juillet 2023, le dispositif de protection des prix de l’électricité sera également supprimé en février 2025. Cette levée du bouclier tarifaire pour l’électricité coïncide avec une réduction moyenne de 15 % du tarif réglementé de vente de l’électricité (TRVE), attribuable à une baisse notable des coûts liés à l’approvisionnement énergétique.

La diminution du TRVE reflète une stabilisation durable des marchés mondiaux de l’électricité, rendant possible l’arrêt de cette mesure de protection tarifaire. En effet, le tarif réglementé est établi sur la base d’une moyenne des prix observés sur le marché au cours des 24 derniers mois, et une tendance à la baisse de ces prix a été constatée depuis la mi-2023, consolidant ainsi les conditions favorables à cette transition.

 

Remise en place de la taxation énergétique de 2022

Un décret paru au Journal officiel le 28 décembre 2024 officialise la fin du bouclier tarifaire sur l’électricité. Dès le 1er février 2025, la taxe sur l’électricité, précédemment désignée sous l’acronyme TICFE (taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité), retrouvera son taux en vigueur avant la crise énergétique de 2022, marquant ainsi un retour à une fiscalité plus élevée.

Cette taxe, appliquée directement sur les factures énergétiques de l’ensemble des usagers, atteignait à l’époque un montant supérieur à 32 euros par mégawattheure pour les ménages. Elle avait été réduite à son niveau le plus bas par les autorités le 1er février 2022 afin d’atténuer les conséquences de l’augmentation des coûts énergétiques

À compter du 1er février 2025, les taux standards de l’accise sur l’électricité seront fixés comme suit :

  • 33,70 euros/MWh pour les foyers individuels (contre 21 euros/MWh à ce jour) ;
  • 26,23 euros/MWh pour les petites et moyennes entreprises (contre 20,5 euros/MWh actuellement).

Ces montants, légèrement plus élevés qu’en 2022, s’expliquent par une indexation de la taxe sur l’inflation, appliquée à partir de 2025 pour refléter l’évolution des prix.

Une augmentation additionnelle de cette taxe avait été proposée par le gouvernement de Michel Barnier dans le cadre du projet de loi de finances pour 2025 (PLF 2025). Cette mesure, vivement débattue au Parlement, a finalement été écartée par le Premier ministre le 28 novembre 2024, après des discussions approfondies sur son impact potentiel.

 

Hausse du Turpe suite à la fin du bouclier tarifaire sur l’électricité

En plus de l’augmentation de la taxe sur l’électricité, une revalorisation du Turpe, qui désigne le tarif d’accès aux réseaux publics de distribution et de transport d’électricité, viendra alourdir les dépenses des usagers. Cette hausse, prévue à hauteur de 7,7 %, entrera en vigueur à partir du 1er février 2025. Représentant une part significative des coûts totaux sur les factures d’électricité des ménages, oscillant entre 20 et 30 %, le Turpe est essentiel pour couvrir les frais liés à l’acheminement et à la distribution de l’énergie à travers les infrastructures électriques françaises.

D’après les analyses de MoneyVox, pour un ménage consommant annuellement 8 500 kWh d’électricité et recevant une facture de 1 800 €, cette augmentation de 7,7 % du Turpe entraînerait une dépense supplémentaire estimée à environ 27 € par an si ce tarif représente 20 % du montant total de la facture. En revanche, si la part du Turpe atteint 30 %, le surcoût annuel pourrait dépasser les 40 €, impactant davantage le budget des consommateurs en fonction de leur profil de consommation et des caractéristiques de leur contrat énergétique.

 

Pour rappel, le bouclier tarifaire sur l’électricité et le gaz en 2024 et années précédentes

Le bouclier tarifaire sur l’électricité, reconduit en 2023 avec une fin annoncée pour décembre 2024, a plafonné la hausse du tarif réglementé de vente (TRVE) à 10 % en 2024. Une augmentation moyenne de 9 % du TRVE a eu lieu en février 2024, sans révision en août. Cette hausse s’explique par le retour de l’accise sur l’électricité (ex-TICFE) à 21 €/MWh, marquant la fin progressive du dispositif. Pour le gaz, le bouclier tarifaire a été suspendu en juillet 2023, coïncidant avec la fin du tarif réglementé. La TICGN (taxe sur le gaz) a doublé en janvier 2024 (de 8,45 à 16,37 €/MWh), et l’ATRD (tarif d’accès au réseau gazier) a bondi de 27,5 % en juillet 2024, impactant les factures de 5 à 10 % selon l’usage.

  • Mesures pour les particuliers Le bouclier tarifaire a limité la hausse des prix de l’électricité à 10 % pour les ménages ayant un contrat au TRVE ou indexé. Les résidents en habitats collectifs (HLM, copropriétés) avec contrats à prix élevé ont bénéficié d’une aide couvrant 75 % de la facture si le tarif excédait le TRVE de 30 %.
  • Aides pour les entreprises Les professionnels, non éligibles au bouclier tarifaire, ont retenu de mesures spécifiques en 2024 : un plafond de 280 €/MWh pour les petits professionnels, un amortisseur couvrant 75 % des factures pour les PME, et une prise en charge de 75 % au-delà de 300 €/MWh pour les ETI, sous conditions.
  • Évolution des prix en 2024 Le prix repère du gaz (PRVG) a baissé en janvier 2024, mais a augmenté de 30 % sur l’année, en raison de l’utilisation des marchés internationaux. En 2023, le bouclier tarifaire avait limité la hausse de l’électricité à 26,5 % (au lieu d’un doublement sans aide) et celle du gaz, entraînant une augmentation annuelle de 1 920 € pour l’électricité et 2 100 € pour le gaz par ménage.
  • Contexte antérieur En 2022, le bouclier tarifaire a plafonné la hausse de l’électricité à 4 % (contre 35,4 % sans aide) et gelé les prix du gaz après une hausse de 12,6 % en octobre 2021, entraînant une augmentation de 78,3 %.

 

Comment éviter l’augmentation tarifaire de l’électricité ?

Améliorez l’isolation de votre habitation

Une maison mal isolée peut entraîner d’importantes pertes de chaleur. Ces déperditions thermiques se traduisent souvent par un usage prolongé et peu efficace des systèmes de chauffage, ce qui accroît la consommation énergétique. Pour remédier à ce problème, il est judicieux d’investir dans des travaux d’isolation thermique. Vous pouvez optimiser l’isolation des toitures, des combles, des murs extérieurs, des planchers, ainsi que des portes et fenêtres : chaque détail compte pour réduire les pertes. Parmi les solutions les plus performantes, l’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE) se distingue, bien qu’elle représente un investissement coûteux. Heureusement, des aides financières existent pour soutenir les projets de rénovation énergétique, et les économies générées par une meilleure isolation permettent de rentabiliser rapidement ces travaux.

 

Passez à l’autoconsommation énergétique

Une autre stratégie pour réduire ses dépenses consiste à adopter l’autoconsommation en faisant intervenir un installateur de panneaux photovoltaïques. En produisant votre propre électricité grâce à l’énergie solaire, vous consommez une énergie renouvelable tout en diminuant vos factures énergétiques. Cette démarche est à la fois écologique et économique. De plus, il est possible de revendre l’excédent d’électricité produit à EDF Obligation d’Achat (OA) via un contrat spécifique, ce qui augmente encore les économies réalisées. Des conseillers spécialisés peuvent vous accompagner gratuitement pour choisir une installation adaptée à vos besoins et à votre budget.

 

Remplacez votre ancien système de chauffage

Si votre chaudière est vétuste, même en état de fonctionnement, elle est probablement beaucoup moins efficace qu’un modèle récent, ce qui entraîne une surconsommation. Il est alors pertinent de la remplacer par un équipement moderne et plus respectueux de l’environnement, comme une pompe à chaleur (PAC), une chaudière à condensation au gaz ou une chaudière à bois. Ces solutions permettent de réduire vos dépenses énergétiques tout en contribuant à la préservation de l’environnement. Des subventions gouvernementales et des dispositifs d’aide peuvent couvrir une partie des coûts de ces travaux.

 

Bénéficiez des aides financières disponibles

Pour financer vos projets de rénovation énergétique, plusieurs dispositifs d’aide sont accessibles, parmi lesquels :

  • MaPrimeRénov’, une aide pour les travaux d’amélioration énergétique ;
  • l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), pour emprunter sans intérêts ;
  • le prêt Avance Rénovation (PAR), pour faciliter l’accès au financement ;
  • une TVA réduite à 5,5 % sur certains travaux ;
  • les primes CEE (Certificats d’Économies d’Énergie), ou primes énergie ;
  • le chèque énergie, pour les ménages modestes ;
  • des subventions proposées par les collectivités locales.
    Vérifiez votre éligibilité à ces aides pour alléger vos dépenses.

 

Adoptez des gestes simples pour économiser l’énergie

Que vous entrepreniez ou non des travaux de rénovation, des écogestes quotidiens peuvent réduire votre consommation énergétique. Voici quelques pratiques faciles à mettre en œuvre :

  • Programmez l’utilisation des appareils énergivores pendant les heures creuses si vous avez un contrat adapté ;
  • Privilégiez des douches courtes (5 minutes maximum) et réglez votre chauffe-eau à une température maximale de 55 °C ;
  • Fermez les volets ou rideaux la nuit et équipez vos portes de boudins pour limiter les courants d’air ;
  • Entretenez régulièrement votre chaudière et purgez vos radiateurs pour éviter l’encrassement, qui peut causer des pannes et augmenter la consommation ;
  • Couvrez vos casseroles lors de la cuisson au gaz pour accélérer le chauffage et économiser de l’énergie ;
  • Réduisez la température de votre logement d’un degré : selon l’ADEME, cela peut générer jusqu’à 7 % d’économies sur votre facture énergétique ;
  • Éteignez les lumières dans les pièces inoccupées et débranchez les appareils en veille, qui consomment même lorsqu’ils sont éteints ;
  • Installez un thermostat programmable pour mieux contrôler votre consommation de chauffage.

En combinant ces solutions, vous pouvez limiter l’impact des hausses des prix de l’énergie tout en adoptant un mode de vie plus durable.

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